Un profil engagé par conviction qui est souvent précurseur dans son domaine

Les raisons de l'engagement
L'accompagnement dans la démarche
La vision des labels
L'avenir de ces démarches

Temps de lecture estimé 20 min

Ce portrait présente des viticulteurs qui sont engagés depuis longtemps dans des démarches volontaires telles que HVE, Terra Vitis ou encore en AB. Ces vignerons se sont engagés indépendamment et par conviction dans une de ces démarches, il s’agit bien souvent de précurseurs dans le domaine. Dans ce profil nous retrouvons 4 viticulteurs parmi les 20 interrogés. Ils sont certifiés pour la majorité en Agriculture Biologique mais aussi pour certains en HVE, Terra Vitis ou Vignerons Engagés.

Des viticulteurs engagés par philosophie dans ces démarches environnementales

Lors de nos entretiens, nous avons rencontré de nombreux viticulteurs que nous pouvons considérer comme des précurseurs. Ces derniers sont engagés depuis très longtemps dans des démarches environnementales. Dans la plupart des cas, ils se sont engagés bien avant la création d’un label. Nous avons par exemple rencontré des viticulteurs qui ont entamé leur conversion en agriculture biologique depuis plus d’une quinzaine d’années. A ce moment là, il n’y avait donc aucun label, aucune subvention ni aucune reconnaissance ou attirance du consommateur pour le bio Ces viticulteurs se sont engagés par réelle “philosophie” et engagement environnemental comme beaucoup nous l’ont indiqué:

“La première raison ça a été la conviction et la philosophie. Pour une simple raison c’est que dans les années 2000 le bio ce n’était pas franchement un plus. C’était beaucoup de moins parce que c’était plus compliqué, plus cher.”

“Oui et c’était juste pour dire que j’étais HVE. Mais je n’ai pas eu à faire d’efforts, puisqu’on l’était déjà avant.”

Ils ont appliqué la plus grande partie du cahier des charges avant même qu’il ne soit rédigé. La labellisation était donc pour eux, une simple formalité.

Certains ont même hésité à ne pas se faire certifier car ils ne voulaient pas que leur démarche mise en place depuis des années soit seulement considérée comme un argument marketing et commercial. Un viticulteur raconte donc:

“On a mis longtemps à mettre le AB sur l’étiquette parce que je ne voulais pas non plus que ça soit un argument commercial.”

Cependant le marché, les acheteurs tels que les GMS demandent un label, qui est gage de contrôles et donc de sérieux auprès des consommateurs, c’est dans ce cadre que la labellisation est faite.

Ces viticulteurs ont souvent eu un déclic qui a entraîné leur engagement dans des démarches. Nous pouvons prendre l’exemple d’un viticulteur qui faisait visiter son caveau il y a 15 ans à des touristes. Pendant la visite, il a vu son tractoriste passer en tenue de protection avec masques, gants, lunettes pour aller traiter une parcelle. Il s’est alors dit que si les clients se retournaient et le voyaient, ils partiraient en courant. 

Des viticulteurs indépendants qui ont avancé seuls pendant plusieurs années 

Lors de leur engagement dans des démarches agro environnementales, ces viticulteurs étaient des précurseurs. Ils ont donc modifié seuls leurs itinéraires techniques, leurs méthodes. Les OPA les ont rarement accompagnés et ils étaient souvent considérés comme les “fous du village”. Les viticulteurs convertis en bio depuis plus de 10 ans ont dû se convertir sans ou presque sans aide technique et financière.

“Non il n’y avait rien à l’époque. En 2006 c’était démerde toi et le ciel t’aidera. Aujourd’hui ya quand même le Biocivam qui fait des formations (ils viennent les faire ici souvent d’ailleurs), à l’époque yavait pas de formation.”

Aucune augmentation du prix de la bouteille n’était possible car il n’aurait pas été compris par la majorité des consommateurs. Ces viticulteurs se sont donc attachés à donner une réputation à leur nom de domaine ou château ce qui leur a permis de s’en sortir.
Ces viticulteurs sont presque tous des viticulteurs indépendants des coopératives ou des négoces qui selon eux n’étaient pas sensibles à ces démarches et voyaient seulement la productivité. Ils reconnaissent cependant que les mentalités ont changé ces dernières années et qu’aujourd’hui les coopératives et les négoces font la promotion de ces démarches. 

Ces vignerons ont construit leur modèle seuls mais ils ont revanche fortement accompagné de nombreuses conversions autour d’eux. Ce sont des vignerons engagés dans les démarches mais aussi dans leur territoire. Ils sont par exemple président de syndicats d’appellation, membre de groupe de discussions… Ils ont ainsi fait la promotion auprès de leurs voisins et entraîné de nombreuses conversions. Ils nous expliquent que même les plus méfiants à l’origine se sont pour certains engagés dans les démarches volontaires. Nous pouvons prendre l’exemple d’un président d’AOP qui nous a expliqué:

“A l’origine j’étais le seul en bio et aujourd’hui  60% des surfaces sont en bio, 80% sont en mesures agro environnementales dans l’appellation.”

Leur vision des autres labels environnementaux : des points de vue plus tranchés 

Comme vu précédemment, ces profils de vignerons sont des profils très engagés qui portent ces démarches au quotidien. Pour les viticulteurs AB, les autres démarches environnementales sont encourageantes, mais souvent perçues comme beaucoup moins légitimes sur le plan de l’engagement écologique car moins contraignantes. Il s’agit généralement pour eux de démarches qui sont avant tout axées sur du marketing et de la communication, dans un esprit de greenwashing : “On voit bien que ce sont des solutions qui ont été portées par la filière qui ne voulait pas couper complètement avec les méthodes pesticides chimiques”.  D’autant plus dans le contexte actuel où l’on connaît une forte pression concernant l’environnement sur le marché : pour nombre de vignerons “celui qui n’aura pas de certification environnementale d’ici cinq ans sera voué à mourir”. 

Pour les vignerons engagés dans des démarches plus “soft” (HVE, VE…) leur labellisation peut être considérer comme un bon compromis entre respect de l’environnement et réalité économique. Il s’agit rarement d’une étape vers une certification plus contraignante ou davantage reconnue (type AB, demeter…), car ils sont convaincus de leur propre approche.

 

Comme vu précédemment, les vignerons de cette catégorie sont des profils très engagés qui portent ces démarches au quotidien. Pour les viticulteurs AB, les autres démarches environnementales sont encourageantes, mais souvent perçues comme beaucoup moins légitimes sur le plan de l’engagement écologique car moins contraignantes. Il s’agit généralement pour eux de démarches qui sont avant tout axées sur du marketing et de la communication, dans un esprit de greenwashing :

“On voit bien que ce sont des solutions qui ont été portées par la filière qui ne voulait pas couper complètement avec les méthodes pesticides chimiques.”

“Celui qui n’aura pas de certification environnementale d’ici cinq ans sera voué à mourir.”

D’autant plus dans le contexte actuel où l’on connaît une forte pression concernant l’environnement sur le marché : pour nombre de vignerons

Pour les vignerons engagés dans des démarches volontaires autres  (HVE, VE…) leur labellisation peut souvent être considérée comme un bon compromis entre respect de l’environnement et réalité économique. Il s’agit rarement d’une étape vers une certification plus contraignante ou davantage reconnue (type AB, demeter…), car ils sont convaincus d’avoir atteint le meilleur compromis possible à ce jour.

Leur vision de l’avenir : vers des démarches plus globales 

Certains vignerons souhaitent aller encore plus loin dans leur démarche  en espérant par exemple labelliser l’ensemble de l’appellation dans laquelle ils produisent. Ils ont un point du vue très global et ne considèrent pas uniquement leurs vignes ou production, mais l’environnement dans lequel ils travaillent dans sa globalité. Le cumul de labels est rarement envisagé : engagé par conviction, ce profil de viticulteur ne se lance pas dans la “course aux labels” et utilise uniquement celui qui correspond le mieux à sa vision personnelle, qui souvent est utilisé non pas comme un argument de vente comme simple justificatif de leur engagement :

 

“Philosophiquement et intrinsèquement, j’étais et je suis HVE ! Je vis HVE ! Donc je me fiche de la certification puisque je l’étais !”

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