Au final,

que retenir de tout ça ?  

Après trois semaines de travail exclusivement consacrées à ce projet d’étude, il est temps de dresser un bilan de ce qu’il faut retenir de ces nouvelles démarches volontaires en Languedoc Roussillon. Cette étude nous a permis de mieux cerner les différents déterminants qui entrent en jeu dans l’engagement de vignerons de l’IGP Pays d’Oc dans des démarches volontaires, et également d’observer les retombées socio-économiques engendrées. En attendant, voici un rappel des différentes démarches effectuées malgrè la crise sanitaire actuelle !

le nombre d'entretiens réalisés avec des proffesionnels de la viticulture languedocienne

articles de presses lus et triés

KM parcourus pour les interviews

observations de bouteilles en supermarché

On peut noter que l’engagement des différents acteurs de la filière dans ces démarches n’est pas nécessairement une question générationnelle. Effectivement si les jeunes générations sont très volontaires et souvent sensibles à la question de l’environnement, de nombreux vignerons plus âgés ont fait office de précurseurs et ont pu servir de modèle à suivre. Si une part des viticulteurs sont engagés volontairement et par conviction dans ces démarches, il s’agit pour d’autres d’un réel cheminement pour répondre à de fortes pressions externes. Dans tous les cas, les lourdeurs administratives liées aux contrôles et à la labellisation ainsi que le peu d’adaptabilité des cahiers des charges représentent un frein à l’engagement.

Un engagement non générationnel

Des plus-values mitigées

Concernant les répercussions de l’engagement dans des démarches volontaires sur le produit en lui-même, on remarque que les labels sont souvent un moyen de se démarquer auprès du consommateur. Des labels qui viennent s’ajouter au signe de qualité IGP Pays d’Oc, car si l’IGP Pays d’Oc est une interprofession très présente et particulièrement en terme de communication, elle reste une IGP parmi de nombreuses autres en France. Le choix d’un label serait donc, également, un moyen de différenciation et de reconnaissance au niveau national, voir européen. Cependant la diversité et le manque de notoriété des labels existants peuvent perdre le consommateur. Au niveau économique, la plus-value est limitée : si les vins produits en AB ou en biodynamie se vendent plus chers, ce n’est pas le cas de toutes les démarches. En outre, le marché pèse de plus en plus dans les raisons de cet engagement : les vendeurs souhaitent coller au plus près des attentes des consommateurs, et cela d’autant plus quand les démarches en question sont soutenues par l’état (cas de HVE).

Le territoire: manque de cohérence mais mise en valeur certaine

Enfin, à l’échelle du territoire, les politiques gouvernementales orientent les viticulteurs vers certaines démarches mais manquent souvent d’homogénéisations et de cohérence. Tout comme les organisations professionnelles viticoles qui sont souvent freinées en interne par les divergences d’opinions et d’objectifs de chacun.  L’engagement dans des démarches volontaires a également un effet positif sur le territoire avec par exemple l’amélioration des relations avec le voisinage, et l’augmentation de l’attractivité territoriale qui passe par une valorisation de l’environnement dans sa globalité.

On avait beau nous avoir prévenu, la thématique des retombées socio-économiques des nouvelles démarches volontaires en Languedoc Roussillon est complexe, et nécessite une compréhension systémique de la viticulture régionale. Tous les acteurs interrogés sont différents. Si il est possible de dégager des grandes idées (comme par exemple que l’engagement HVE répond à la demande du marché), nous avons été surpris de la divergence d’opinions, parfois au sein du même type d’exploitation et du même corps de métier.  Ainsi, il est tout à fait possible d’entendre un viticulteur indépendant soutenir que HVE est « bien plus exigeante que Terravitis au niveau du cahier des charges », alors qu’un autre pourra affirmer l’exact opposé. Toutes nos interviews doivent donc être analysées en gardant le contexte en tête : à qui je m’adresse, pourquoi j’obtiens telle ou telle réponse et est-ce cohérent avec les hypothèses imaginées au départ.

Quelques grandes lignes sont néanmoins validées par tous les acteurs, comme par exemple la très probable future dominance de HVE sur le marché de la GMS ou encore la reconnaissance absolue du Bio par les consommateurs

 

la complexité de la problématique

La situation sanitaire exeptionnelle

Les résultats présentés au sein de cette mission d’étude sont le fruit d’un travail acharné pour trouver des professionnels du secteur viticole à interroger. Sur les 60 interviews qui étaient prévues au départ, 16 ont pu être réalisées. Un grand bravo à l’équipe logistique pour leur persévérance, et à tous les élèves ayant participés pour la rédaction de ce contenu of course (vive les Zagromagiciens), Merci aux personnes interviewées de nous avoir accordé leur temps. Un grand merci enfin à nos trois enseignants pour avoir su piloter ce projet malgré ce bon vieux Covid.