préserver la ressource en eau et engager les agriculteurs

Portrait de héloïse augros

 

Chargée de mission sur la protection des ressources en eau pour Badoit et La Salvetat chez Danone

Coordinatrice du projet « Agriculture régénératrice » pour Danone Eaux France

Temps de lecture estimé : 25 min

Héloïse Augros, chargée de mission chez Danone pour la protection des ressources en eau de Badoit et la Salvetat s’est tout de suite sentie concernée par les enjeux autour des processus de transition des entreprises. Elle a ainsi accepté de nous faire part de ses idées, de sa vision des choses en tant que femme engagée et ingénieure agronome dans un grand groupe.

Un parcours professionnel guidé par ses convictions

Passionnée par la nature depuis toujours, Héloïse Augros a vu sa jeunesse marquée par les randonnées à flanc de montagne au cours des vacances familiales. C’est à partir du lycée qu’elle s’intéresse particulièrement aux thématiques liées à l’environnement et au développement durable. Ces sujets lui tenant à cœur, elle s’est naturellement dirigée vers l’Ensat après une prépa BCPST. Au fil de cette formation d’ingénieurs agronomes, elle va développer un fort intérêt pour l’aménagement du territoire et l’agroécologie dans le cadre de la spécialisation SPET (Systèmes de production, environnement et territoires). Elle nous avoue d’ailleurs avoir été particulièrement sensible aux enseignements de M. Sarthou en matière d’agroécologie.

Après six mois d’Erasmus à Vienne, elle débute son stage chez Danone autour de la protection des ressources en eau pour la marque Evian.  Ce stage allait alors conditionner son avenir professionnel. En effet en 2007, à peine diplômée T04, Héloïse Augros est embauchée en CDD d’un an pour la poursuite de ces actions et palier le congé maternité de sa responsable. Ayant conscience des enjeux forts liés à l’agriculture, elle est fière de pouvoir développer un programme autour du compostage des effluents d’élevage.

C’est avec un sentiment d’inachevé que la jeune ingénieure voit arriver la fin de son contrat. Elle va ensuite très vite retrouver un emploi au sein du réseau des coopératives agricoles d’Auvergne-Rhône Alpes où elle sera chargée de mission Energie-Environnement de 2008 à 2011. Elle y développe des initiatives afin de réaliser des bilans carbone dans les coopératives et les entreprises, et commence à développer des compétences sur les énergies renouvelables lorsqu’elle est recontactée par Danone. Le groupe lui offre alors une opportunité qu’elle ne peut laisser échapper car elle correspond en tous points à ses attentes. Danone avait en effet décidé de créer un poste pour la protection des ressources en eau de Badoit et la Salvetat dont elle était responsable lors de son premier passage dans l’entreprise à Evian. Elle savait qu’elle aurait un rôle à jouer à ce poste, traitant de thématiques lui tenant à cœur.

« Il me semble important d’avoir des convictions, des valeurs et de faire en sorte de choisir un métier qui nous corresponde. J’ai eu la chance d’avoir dès le début de ma carrière des postes correspondants à mes convictions. »

Les défis d’un nouveau poste à développer

Le poste occupé par Héloïse Augros a en effet été créé pour elle et par elle dans un service à Saint-Galmier, dans l’usine de Badoit. Elle appartient à une direction centrale en charge des problématiques environnementales au niveau industriel et au niveau de la protection des ressources en eau. Elle a ainsi développé des actions de préservation de l’eau suivant trois grands axes clés.

Nous retrouvons en premier lieu la notion d’aménagement du territoire puisque les impluviums ou zones d’infiltration de l’eau dépendent de communes. En zone urbanisée, la mauvaise gestion des réseaux d’assainissement pourrait par exemple être une source majeure de pollution de l’eau. Les particuliers sont également accompagnés sur ces techniques-là au travers d’ateliers de sensibilisation du grand public ou encore d’animations dans les écoles.

Le second grand volet est celui de l’agriculture, si chère à Mme Augros. L’enjeu est important car sur l’impluvium de Badoit, les deux tiers des surfaces sont occupés par des terres agricoles. Dans cette perspective-là, Héloïse Augros est fière de nous présenter le projet national « agriculture régénératrice » pour lequel elle et ses homologues ont défini un référentiel, des objectifs et des moyens d’accompagnement des agriculteurs vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Notre interlocutrice nous affirmait d’ailleurs essayer de participer au maximum à toutes les actions de formation, ateliers ou visites d’essai.

Enfin, le dernier axe concerne la préservation des milieux naturels et de la biodiversité.

C’est ainsi autour de ces thèmes que se sont mises en place des associations de protection regroupant les communes sur la zone d’infiltration de l’eau minérale. Celles-ci permettent une concertation et une prise de décision commune entre les élus et les porteurs du programme de protection des ressources. Mme Augros nous confie être motivée par le renouveau des projets qui s’offrent à elle et le désir de continuer à apprendre quotidiennement de ses expériences et partages avec les différents acteurs qu’elle est amenée à côtoyer. Elle ajoute qu’elle dispose de beaucoup de flexibilité pour définir les objectifs avec l’appui de sa responsable de travail et a la possibilité d’avoir des moyens financiers grâce à l’ambition de Danone pour ces programmes.             

Héloïse Augros

Chargée de mission sur la protection des ressources en eau & Coordinatrice du projet « Agriculture régénératrice » pour Danone Eaux France

Née le 08/04/1984 à …..

Vit aujourd’hui à……

Travaille chez Danone depuis 2011

Diplômée de l’ENSAT

Spécialisation SPET

  Ses missions au quotidien  

Gestion de projet 

Animation de réunions 

Elaboration de programmes de préservation de la ressource en eau

Rencontre avec les partenaires associatifs

Mobilité de terrain

Vous l’aurez compris, Héloïse Augros est passionnée par ce qu’elle fait. Ce fort engagement qu’elle semble partager avec de nombreux collaborateurs est très certainement favorisé par cet esprit d’émulation et la promotion des enjeux associés au développement durable par les dirigeants du groupe Danone. 

Carte postale Saint Galmier - 1932

Carte Postale de Saint-Galmier en 1932

(Philippe Hostal, geneanet.org)

Usine Badoit à Saint-Galmier

(Photo de gauche :  Philippe Vacher ; Photo de droite : Radio France – France Bleu Saint-Etienne Loire) 

L’engagement, fil conducteur de la politique de Danone

« J’ai un poste qui me passionne et je crois en ce que je fais dans une entreprise où on a la chance d’avoir un patron, Emmanuel Faber dont la vision « One Planet, One Health » permette de croire en l’avenir et explique certainement que beaucoup de salariés sont très engagés », nous confie-t-elle. En effet, ce groupe de 100 000 salariés, numéro un des produits laitiers frais à travers le monde, au-delà de sa stature, dégage une volonté forte de prendre en compte les enjeux sociaux et environnementaux actuels. Mme Augros ajoute qu’Emmanuel Faber, PDG du groupe, intervient et communique régulièrement sur des thématiques telles que l’empreinte carbone de la société, la préservation des ressources, étant des sujets tant importants que stratégiques aux yeux du groupe Danone. Ainsi, il n’est pas rare de retrouver des représentants de Danone au cœur de débats d’actualité comme l’illustre leur communication lors d’évènements tels que la Salon de l’agriculture ou bien la participation à des débats ouverts comme « Le jour d’après » mêlant députés et internautes autour des questions du développement durable.

Toujours dans cette logique, le groupe s’est engagé à être certifié B-Corp, une certification reconnue au niveau international avec un label, des audits, des contrôles autour des questions environnementales et sociales, allant jusqu’à prendre en compte la formation et l’égalité homme femme. Mme Augros cite également la certification « Neutralité Carbone » obtenue pour les marques Evian et Volvic en 2020 et qui devrait s’étendre à toutes les marques en Europe d’ici 2025. Notre interlocutrice nous explique que l’objectif est de réduire les émissions de carbone et de compenser les émissions résiduelles par le biais de projets permettant de stocker du carbone.

Cet engagement fort permet aujourd’hui à Héloïse Augros d’être fière d’appartenir à ce groupe dans lequel les idées et projets défendus font écho à ses valeurs personnelles.

 

Le portrait de Pierre-Marie Brizou, responsable achats Blédina passionné par son métier pourra venir compléter cette vision de l’engagement au sein de Danone.

« J’ai un poste qui me passionne et je crois en ce que je fais dans une entreprise où on a la chance d’avoir un patron, Emmanuel Faber dont la vision « One Planet, One Health » permette de croire en l’avenir et explique certainement que beaucoup de salariés sont très engagés »

Une prise de conscience au quotidien

Dans la vie de tous les jours, Héloïse Augros est une maman consciente des répercussions qu’ont nos modes de vie sur la planète. Il lui apparaît ainsi comme une évidence le fait de manger le plus possible des produits bio, locaux et de saison. Elle s’approvisionne sur les exploitations agricoles ou en direct sur le marché et prend plaisir à partager avec les producteurs. Son petit potager pour lequel elle essaye de dégager un peu de temps lui fournit également quelques légumes. Même si elle a conscience que tout ne peut être parfait elle essaye de mesurer son empreinte carbone de temps en temps. A titre d’exemple, elle ne va pas s’interdire de prendre l’avion mais elle nous avoue le prendre de moins en moins souvent. Limiter ses déplacements, réduire les déchets associés aux emballages, recycler au maximum, sont autant d’actions qui sont devenues naturelles pour Héloïse Augros. Toutefois, elle nous explique ne pas vouloir imposer ses pratiques aux autres : « Après il ne faut pas que ça soit une contrainte. Je pense que par rapport à tous ces aspects-là, il faut faire ce qui ne nous coûte pas, ce qui est facile, ce qu’on arrive à accepter. » Selon elle, le fait de brusquer les gens ne les encourage pas à s’améliorer, bien au contraire. La notion de progressivité a ainsi été surlignée par Mme Augros.

L’ingénieur agronome impulseur de changements, mais pas seul …

Quand on lui demande quel rôle elle attribue à l’ingénieur agronome, Mme Augros nous répond : « En tant qu’ingénieurs agronomes nous avons un rôle clé pour comprendre les enjeux et être capable de faire évoluer les structures, les organisations, les entreprises vers la durabilité des systèmes et la transition écologique. » Elle met également en avant la notion d’écoute, réellement au cœur de ses différentes missions :

« Il faut écouter et analyser avant de vouloir proposer des solutions, les co-construire avec une vision donnée. »

Elle nous fait toutefois comprendre que l’ingénieur agro n’est qu’une composante des systèmes complexes que sont l’entreprise ou la société. Selon elle, les pouvoirs publics et les politiques ont un rôle très important à jouer dans un contexte où une majorité de la population est méconnaissante des enjeux environnementaux actuels. Elle nous prend à juste titre un exemple tiré des discussions autour de l’atelier « Le jour d’après » énoncé précédemment où Eric Soubeiran, directeur Nature chez Danone, faisait remonter que les entreprises avaient besoin d’un cadre réglementaire fort leur permettant de s’engager totalement. Il est souvent reproché à Danone le fait de ne pas utiliser 100% de PET recyclé pour leurs bouteilles mais il explique qu’une des actions qui permettrait de le faire plus facilement serait la mise en place de la consigne sur les bouteilles par les pouvoirs publics. En effet, Héloïse Augros appuie son discours sur le fait que l’ingénieur agro doive faire remonter les questions aux élus, mais qu’il est également en parallèle un citoyen ayant le droit de faire remonter ses attentes. Elle aborde également le sujet de la PAC (Politique Agricole Commune), dont elle considère la réelle déconnection avec l’agroécologie comme une aberration. La situation est bien évidemment plus complexe qu’il n’y paraît puisque ces enjeux ne sont pas appréhendés de la même manière par tous en fonction de certains facteurs tels que l’origine sociale, l’âge ou encore la formation suivie. Elle insiste longuement sur l’importance de l’expérience et nous confie s’être construite et avoir construit son avis sur la question au fil de ses expériences professionnelles et personnelles toujours menées avec passion.

Lorsque nous lui demandons en fin d’entretien ce qu’évoque finalement la transition à ses yeux elle nous répond :

« Accompagner les gens en transition c’est être capable de comprendre là où ils en sont, leur donner les moyens du changement et une vision positive de l’avenir ».

En tant que futurs ingénieurs agronomes, nous retiendrons particulièrement du parcours de Mme Augros, l’importance qu’il faut accorder à tous les acteurs qui nous entourent, leur porter une écoute attentive, et intégrer leurs avis dans les prises de décisions et la mise de place des projets, même lorsque l’on travaille au sein d’un grand groupe, afin de mettre en œuvre des solutions pour la réalisation d’objectifs communs.

L’ingénieur est responsable de sa propre évolution professionnelle et chaque expérience, même celle qui ne nous correspond pas, est riche en enseignements. Au-delà des premières expériences professionnelles exploratoires et formatrices, pour révéler totalement son potentiel, un ingénieur doit finalement travailler à un poste qui ne soit pas déconnecté de ses valeurs personnelles et de sa vision de ce que pourrait être la société de demain.

Guillaume Bernes & Oksana Leclercq

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