Les Hommes

A la découverte des viticulteurs Languedociens et de leurs exploitations 

Qui sont les viticulteurs languedociens engagés dans les nouvelles démarches environnementales ?

Quelles raisons ont poussé les agriculteurs de l’AOP Languedoc à adapter leurs pratiques ?

De quelle manière s’adaptent-t-ils aux différentes crises rencontrées ?

La crise du vignoble Languedocien et ses conséquences

La culture de la vigne est historique sur le territoire du Languedoc-Roussillon : implantée par les Grecs au Vème siècle avant J.C, elle a connu au cours des millénaires une forte expansion jusqu’en 1868 où le Phylloxéra causa des ravages sur les plants et obligea les vignerons à les arracher. La replantation précipitée à la suite de la catastrophe favorisa des cépages à forts rendements au lieu de cépages qualitatifs donnant ainsi des vins de basse qualité. Il faudra attendre les années 80 pour que la qualité soit introduite dans la région par l’avènement de nouveaux cépages.

L’engagement dans des nouvelles démarches environnementales en réponse à de nouveaux enjeux et à un marché exigeant

 

À la production de masse de vins de table caractérisant la filière viticole languedocienne s’est donc substituée une production plus qualitative, structurée par des Appellations d’Origine Protégée et des Indications Géographique Protégées, ainsi que la production biologique. Mises à part les démarches réalisées sur la qualité, les vignerons du Languedoc mettent en place d’autres projets toujours dans l’objectif d’accroître la réputation des vins de la région.

Avec un réchauffement climatique qui ne cesse d’impacter la production vinicole mondiale, les polémiques qui enflent autour de l’utilisation du glyphosate sur les cultures et les préoccupations environnementales des consommateurs, les responsables de l’AOC Languedoc engagent depuis quelques années une démarche responsable afin de mettre en place des pratiques culturales durables pour l’ensemble des 38 appellations régionales réparties les 43 000 hectares de l’appellation. La vigne est la culture qui reçoit le plus de traitements, bien souvent peu respectueux de l’environnement. Nombreuses démarches volontaires spécifiques à la viticulture, telles que Vignerons Engagés, Terra Vitis ou encore la certification gouvernementale HVE (Haute Valeur Environnementale), sont donc apparues en réponse à ce constat, afin de certifier des produits plus respectueux de l’environnement et des pratiques agricoles plus durables. Les profils des vignerons adhérant à ces nouvelles démarches sont diversifiés.

Les caves aux origines de l’engagement des vignerons dans les démarches volontaires

HVE étant une norme gouvernementale, beaucoup de vignobles se certifient, encore plus dans la région Rhône Méditerranée qui est une région caractérisée par une forte proportion de coopérateurs. En effet, on retrouve de grandes caves coopératives comme Vendéole, issue d’une fusion de plusieurs caves, qui représente la plus grosse cave de tout l’ouest ou encore des grands négoces comme Castel qui dicte le marché. L’année dernière il a été demandé à Vendéole de passer HVE, qui était déjà VE, ce qui représente 380 adhérents, soit 4 000 hectares de vigne et 300 000 hectolitres de vins. En plus de cela, Castel vient de décider qu’ils n’achèteraient plus que du vin certifié Terra Vitis, ce qui oblige de nombreux viticulteurs à entrer dans ces démarches. A côté de cela nous avons également les vignerons indépendants en cave particulière qui font le choix ou non de rejoindre une des démarches. Pour le cas de Terra Vitis, 90% des bouteilles certifiées sont celles issues des coopérateurs et seulement 10% de caves particulières. En effet, cette certification regroupe aujourd’hui 700 coopérateurs pour 100 caves particulières.

N’oublions pas que le Languedoc-Roussillon est la première région française de certification biologique, avant d’être un région viticole engagée dans des nouvelles démarches plus durables. Ces nouvelles démarches seraient-elles des alternatives à la viticulture biologique critiquable ? Les viticulteurs et vignerons du Languedoc sont en train de se questionner sur l’évolution de leurs pratiques.

Pour en savoir plus sur le sujet, n'hésitez pas à consulter la note de synthèse dans son intégralité :

Immersion au cœur de la filière viticole languedocienne : Zoom sur les Organisations Professionnelles Viticoles

Face à la diversité des productions vitivinicoles françaises, comment s’organise la filière ?

Structuration des principaux organismes viticoles en France

La grande diversité d’organismes viticoles présente sur le territoire français permet une bonne représentation de la filière aux échelles locale, régionale, nationale et européenne, et favorise le dialogue entre amont et aval de la filière. Ces interprofessions ont pour missions l’organisation de la filière, son suivi économique, et jouent un rôle prépondérant dans le développement de la filière, de la recherche, ainsi que la restructuration du vignoble.

L’Association Générale de la Production Viticole (AGPV) est celle regroupant, défendant et répondant aux demandes de toutes les organisations professionnelles nationales viticoles : Confédération des Vins d’AOC (CNAOC), Confédération des Caves Coopératives (CCVF), Vignerons Indépendants (VIF) et Confédération des Vins IGP (VinIGP).

Les particularités de la région viticole du Languedoc-Roussillon

 La région viticole languedocienne se démarque des autres régions viticoles par la présence d’une mosaïque d’appellations, et par le fait qu’elle soit structurée par la présence de plusieurs interprofessions : Conseil Interprofessionnel des Vins du Languedoc (CIVL), Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon (CIVR), Interprofession des Vins du Pays d’OC (Inter Oc), et nombreux syndicats viticoles. La gradation au niveau du cahier des charges de chaque type d’appellation (Vins Sans Indication Géographique, IGP, AOC) explique l’organisation pyramidale des appellations, et des syndicats et interprofessions les représentant.

Le renouveau des organisations professionnelles viticoles face aux enjeux de développement durable

Depuis quelques années, de nouvelles organisations professionnelles viticoles de certification ont pris de l’importance à l’échelle nationale. Ces démarches volontaires, telles que AgriConfiance, Haute Valeur Environnementale (HVE), Vignerons Engagés (VE), ou encore Terra Vitis, présentent des cahiers des charges spécifiques à la filière viticole, et défendent des valeurs de développement durable et d’agriculture raisonnée.

Pour en savoir plus sur le sujet, n'hésitez pas à consulter la note de synthèse dans son intégralité :

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