Notre projet

Ils s’appellent Mark Zuckerberg, Kevin Systrom, Bill Gates, James Dyson ou encore Walt Disney. Vous ne les connaissez peut-être pas, et pourtant, vous faites appel à eux quotidiennement. Les deux premiers sont les créateurs des réseaux sociaux les plus influents du monde : Facebook et Instagram. Le troisième est le milliardaire dont la fortune s’est bâtie sur la création d’une entreprise aujourd’hui leader de l’informatique par ses systèmes d’exploitation et logiciels. Le suivant a créé du matériel électroménager de pointe qui se vend dans le monde entier. Et, enfin, le dernier a rythmé votre enfance et continue de faire rêver les plus petits avec des dessins animés qui font presque partie de notre patrimoine et de notre culture. Des profils, des ambitions, des trajectoires, des générations différents, mais pourtant bien un point commun fondamental entre ces hommes. En effet, au-delà de leur réussite professionnelle évidente, ce sont avant tout initialement des créateurs d’entreprises.

Qui sont ces hommes et ces femmes qui créent les entreprises de demain ? Qui sont ceux et celles qui ont décidé d’entreprendre ?

 

Mais entreprendre, qu’est-ce que cela signifie exactement ? La définition de ce verbe est relativement complexe. Selon l’Académie française, il s’agit « d’exécuter ce que l’on a décidé d’accomplir ». En outre, il apparait que l’on peut entreprendre quelqu’un lorsqu’on essaie d’agir sur lui et de le convaincre. Dans les deux cas, on retrouve une idée forte d’action et de réalisation de la volonté, intéressante, et qui semble caractériser les entrepreneurs en tant que dirigeants d’entreprise. On peut alors se demander à quel moment et dans quel objectif ces hommes et femmes sont devenus véritables moteurs de l’action, et non plus simplement de simples exécutants de celle-ci.

 

Aujourd’hui, le domaine de la création d’entreprise semble avoir le vent en poupe en France. Ainsi, selon l’INSEE, elles étaient 591 000 à voir le jour en 2017, une augmentation de 7% par rapport à l’année précédente. Les statistiques, à ce sujet, sont aptes à nous dresser le portrait moyen du créateur d’entreprise en France aujourd’hui : il s’agit d’un homme trentenaire, en activité, venant de la région Ile de France. Cet homme issu du salariat vit là sa première expérience de création dans laquelle il investit peu d’argent ; et il privilégie une clientèle locale dans son modèle économique. Cependant, est-il vraiment pertinent de construire un groupe homogène derrière ce profil-type de créateurs d’entreprises ? N’est-il pas plus intéressant d’aborder cette thématique sous l’angle de la diversité. Au fond, ne sommes-nous pas tous des créateurs d’entreprises en puissance ?

 

Pour répondre à ces interrogations, nous, onze étudiants de l’École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (ENSAT) en deuxième année, sommes allés à la rencontre d’hommes et de femmes ayant mené un projet de création d’entreprise en région toulousaine. Ce sont alors cinq portraits que nous présentons ici. Cinq tableaux de Pygmalion qui ont su donner vie à leur création, à leur entreprise cette Galatée.

 

En parallèle, la réalisation de ce webdocumentaire et la participation à des cours théoriques et des travaux dirigés nous ont permis par la même occasion de faire évoluer nos compétences en tant qu’étudiants. Nous avons pu acquérir les outils nous permettant d’observer et de comprendre la complexité des phénomènes sociaux. Dans toute organisation humaine en effet, dans une entreprise par exemple, des interrogations émergent et le réel peut être difficile à appréhender. Or, il est essentiel pour un ingénieur de comprendre les processus et les organisations pour aider par la suite à la décision, et apporter des recommandations ; en bref, agir en connaissance de cause.

Philipe Anglard

Philipe Anglard

Philipe Anglard, après un parcours diversifié en BTS viticulture-œnologie puis en licence chimie, intègre finalement l’ENSAT. Par la suite, il découvre le secteur du marketing, et plus particulièrement de la stratégie marketing qui lui a plu. Dans cette optique, il s’oriente vers la spécialité agro-marketing. Il est allé à la rencontre d’Adrien Claustres, le brasseur de L’Oustal, car la production de bière – et plus spécialement dans des microbrasseries – est en pleine explosion.

 

« L’étude de ce nouveau milieu, de ce nouveau marché a permis d’enrichir ma culture personnelle ! »

Sarah Billat, après un bac S, a effectué une classe préparatoire BCPST au lycée Champollion à Grenoble. Elle va effectuer la spécialité Agromanagement car elle souhaite travailler dans le marketing ou la communication et il lui semblait intéressant d’avoir auparavant une connaissance sur la production, les enjeux en amont des produits pour mieux communiquer sur les produits avec les clients. Au sein de ce projet, elle a interviewé Julie Moragues et Hélène Pichard, co-fondatrices des Dépanneuses.

 

« Ce projet m’a permis d’avoir des notions en sociologie et surtout de démystifier la création d’entreprise. Cela m’a également permis d’acquérir des premières connaissances dans la création de sites internet, essentiel dans l’actualité de notre monde. »

Sarah Billat

Sarah Billat

sarahbillat@gmail.com

Emma Gourlez

Emma Gourlez

Emma Gourlez a intégré l’ENSAT à l’issue d’une classe BCPST au lycée Clémenceau à Reims. Emma souhaite travailler dans le milieu du conseil en élevage, elle a donc décidé de choisir la pré-spécialisation Agromanagement pour diversifier ses compétences et pour découvrir le milieu de la sociologie et ses méthodes. Elle a interviewé Thomas Devienne de la jeune société Terreauciel.

 

« Cette pré-spé m’a paru très intéressante ; elle nous a permis de rencontrer des créateurs d’entreprise, qui ont eu le courage et la patience de se lancer dans cette expérience. »

Carine Lanciaux a intégré l’ENSAT à l’issue d’une classe BCPST au lycée Jacques Prévert à Boulogne-Billancourt. La spécialisation d’Agromanagement lui permet d’acquérir les compétences en lien avec son projet professionnel dans le milieu du marketing-communication dans le but de participer à la valorisation d’un produit, d’un service ou d’une marque, tout en intégrant des liens importants avec les autres fonctions exercées dans une entreprise. Carine s’est entretenue avec Julie Moragues et Hélène Pichard, gérantes des Dépanneuses à Toulouse.

 

« Ce webdocumentaire m’a permis d’avoir une idée de ce que cela signifie réellement devenir entrepreneur. En effet, on peut davantage se représenter les différentes étapes et les différents éléments nécessaires à la création d’une entreprise. La réalisation de ce webdoc m’a permis également de développer une relation d’échanges avec des entrepreneurs, des compétences d’analyse et de création d’un site internet. »

Carine Lanciaux

Carine Lanciaux

carine.lanciaux@gmail.com

Corentin Leroux

Corentin Leroux

Corentin Leroux, a effectué deux années de médecine puis de biologie en faculté avant d’entrer à l’ENSAT. Souhaitant créer sa propre entreprise, la spécialisation de l’Agromanagement s’est imposée naturellement à lui pour y obtenir des compétences essentielles à la réalisation de son projet. Par la suite, Corentin souhaite exercer dans des fonctions d’achat ou de logistique dans des entreprises de distribution alimentaire. Dans l’idéal, il souhaiterait à terme s’installer durablement dans une autre entreprise. Il s’est occupé d’interviewer Thomas Laurent de l’entreprise Micropep.

 

« Rencontrer une personne, jeune, ayant monté sa propre entreprise après deux précédentes tentatives infructueuses, m’a énormément apporté notamment vis-à-vis de mon projet de création d’entreprise. »

Manon Perez a effectué une classe préparatoire en BCPST avant de rejoindre l’ENSAT. La spécialisation Agromanagement abordée par l’école lui permet d’élargir ses perspectives acquises pendant le début du cursus, et diversifier son profil technique d’ingénieur pour s’intéresser aux processus de commercialisation et de gestion. Après son diplôme, Manon souhaite travailler dans les domaines de la santé et du bien-être, plutôt orienté cosmétique ou pharmaceutique, voire alimentation-santé. Avec Maruschka, elles ont interviewé Cédric Auriol, fondateur de Micronutris, élevage et fabrication de produits à base d’insectes.

 

« Ce webdoc est une vraie initiation dans la communication professionnelle, sur un sujet qui nous concerne particulièrement. C’est un projet qui a du sens, pas seulement pédagogique et donc est très motivant. Cela m’a permis de découvrir Micronutris, une entreprise que je trouve particulièrement intéressante. »

Manon Perez

Manon Perez

manonperez34725@gmail.com

Benoît Piccione

Benoît Piccione

Benoît Piccione a lui aussi suivi une classe préparatoire avant d’intégré l’ENSAT. Il a choisi la spécialité Agromanagement car il est intéressé par la gestion de projet et les aspects économiques en entreprise. Il envisage pour le moment de travailler dans les circuits courts et le commerce équitable. Il a interviewé Thomas Laurent, co-fondateur de Micropep.

 

« Ce blog permet de mettre en avant des profils différents d’entrepreneurs et de souligner des qualités et des aspects importants pour créer une entreprise. Du point de vue pédagogique, cet exercice nous permet d’utiliser des outils différents (réseaux sociaux, site…) et d’analyser un environnement socio-professionnel de façon précise. »

Marie Saint-Jeveint, issue d’une classe préparatoire BCPST de Bordeaux, a intégré l’ENSAT en 2016 pour s’orienter vers la spécialisation des Systèmes des produits de l’élevage qui l’intéresse car elle correspond à ses qualités que sont la rigueur et la motivation. Elle souhaiterait à terme travailler dans la nutrition animale ou bien le bien-être dans le monde de l’élevage. Elle s’est occupée de l’interview de Julie Moragues et Hélène Pichard, gérantes des Dépanneuses.

 

« Ce blog m’a appris à créer un site web en collectif. Ce projet m’a aussi permis de me renseigner sur le processus de la création d’entreprise, un milieu qui m’étais inconnu. »

Marie Saint-Jeveint

Marie Saint-Jeveint

Maruschka Salmon

Maruschka Salmon

Maruschka Salmon, après avoir réalisé une classe préparatoire BCPST à Bordeaux, elle a intégré l’ENSAT. Actuellement, elle affectionne le secteur de l’import-export, secteur riche en termes d’opportunités et de missions. Dans l’objectif d’y travailler, la spécialisation Agromanagement s’est imposée à elle afin d’acquérir les compétences et savoir-faire utiles à notre future carrière professionnelle. Avec sa collègue Manon Perez, elles ont réalisé un entretien avec Cédric Auriol, fondateur de l’entreprise Micronutris.

 

« Cet entretien a été riche en enseignements du fait de l’aspect innovant de l’entreprise (création d’un nouveau mode d’alimentation) et la création même de Micronutris. De plus, le fait de réaliser un webdocu a permis d’acquérir des connaissances sur la création d’un site web et a permis de renforcer nos compétences rédactionnelles. »

Anqi Tao vient de Shanghai où elle y a obtenu son diplôme d’ingénieur en IAA (Industrie Agro-alimentaire) à l’ECUST. Elle est donc venue à l’ENSAT pour découvrir d’autres compétences que celles que la Chine lui offrait. Anqi a toujours été intéressée le management d’entreprise et la spécialisation de l’Agromanagement lui permet d’élargir les offres de débouchés à la fin de ses études. Elle a interviewé Adrien Claustres de la microbrasserie l’Oustral.

 

« Ce projet m’a apporté une bonne expérience car c’est la première fois que je participe à la création d’un webdocu. Ainsi voir de jeunes entrepreneurs exprimer ce qu’ils en pensent et d’étudier leurs points communs et leurs différences. Cela peut m’aider pour mon futur parcours professionnel. »

Anqi Tao

Anqi Tao

Marie Trécolle

Marie Trécolle

Marie Trécolle a effectué au lycée Pierre de Fermat à Toulouse une classe préparatoire BCPST. Voulant s’investir dans les plus grands défis de demain : nourrir correctement une population mondiale en pleine croissance, elle choisit d’intégrer l’ENSAT. Elle s’oriente vers la spécialité Agromanagement pour développer un éventail varié de compétences. Après sa formation, elle souhaite travailler dans une entreprise agroalimentaire (de confiserie de préférence) proposant de bons produits et engagée dans sa démarche. Au sein de ce projet, elle a interviewé Thomas Devienne, fondateur de Terreauciel.

 

« Travailler sur ce blog a été très enrichissant. J’ai été très contente de rencontrer un jeune entrepreneur qui a su faire vivre un beau projet. De plus, j’ai beaucoup apprécié cet exercice, car j’adore écrire et que j’ai pu m’émanciper du cadre scolaire classique pour laisser libre cours à l’expression de ma personnalité. »

Le contexte de la construction du projet

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une unité de préspécialisation au sein de l’école d’ingénieur ENSAT à Toulouse. Cette préspécialisation n°4 dans la formation d’ingénieur agronome, spécialité agromanagement, a pour titre « Observer et éclairer un fait social en entreprise et en organisation : #Socio #Web #Media ».  Afin de mieux comprendre le contexte du projet de comprendre et d’analyser la création d’entreprise à travers des exemples nous allons vous présenter cet unité d’enseignement.

Equipe pédagogique :  Julien Brailly,  Hélène Bustos, Cécile Gazo, Loïc Mazenc, François Purseigle, Pierre Vincenot

Objectifs :

L’ambition de ce cours était de présenter, de comprendre et d’utiliser des outils et des méthodes développées par les sciences sociales permettant de saisir et de comprendre cette complexité inhérente aux activités humaines.

L’initiation aux pratiques du sociologue et du journaliste (presse écrite et web), proposée dans cette unité d’enseignement mobilisant des intervenants professionnels,visait  à nous doter d’outils leur permettant d’observer et donner à voir des phénomènes et processus à l’œuvre, afin d’être en mesure de les influencer et d’agir.

Parmi ces outils, cette unité d’enseignement a mis l’accent sur la formation à l’écriture pour le web et a intégré la réalisation d’un web-documentaire. Nous nous sommes s’appuyé sur un enseignement technique et méthodologique ainsi que sur des entretiens biographiques menés auprès d’acteurs du monde de l’entreprise ou d’organisation (salarié(e)s, dirigeant(e)s, cadres, animateurs…).

Organisation :

Cette unité de formation comprenait :

 

des séances consacrées à un enseignement magistral

Elles s’articulaient autour de modules et de conférences-débats avec des enseignants-chercheurs (Julien Brailly, Loïc Mazenc, Cécile Gazo, François Purseigle) , des journalistes, des expert(e)s de la communication….

Nous avons été notamment initiés à l’immersion en entreprise, l’observation ethnographique et l’entretien qualitatif…

 

des séances organisées autour d’ateliers techniques

Atelier techniques d’enquête : il s’agissait de mener à bien la construction de la problématique (cette année la création d’entreprise)  la rédaction du guide d’entretien, de s’initier à l’observation directe (journal de terrain) et à l’entretien biographique.

Atelier d’écriture-photos animé par Hélène Bustos, journaliste, rédactrice en chef de Transrural initiatives. L’objet de cet atelier était de se familiariser avec les notions de base de l’écriture journalistique (angle, message essentiel, genre…) et de se préparer aux enquêtes dans la perspective de réalisation de portraits pour un web-documentaire.

Atelier web-documentaire animé par Pierre Vincenot, journaliste-formateur dans l’agence de conseil et de formation Immediat. Dans cet atelier, nous avons été formé à la mise en   forme d’une problématique et d’une enquête de terrain de manière multimédia et interactive. Is ‘agissait de nous sensibiliser à la complémentarité du son, de l’écrit, de la photo et de la vidéo.

 

des journées consacrées à une enquête de terrain

Par groupe d’étudiants, nous avons réalisé une enquête reposant sur des entretiens semi-directifs et des observations de terrain sur trois journées.

 

Bibliographie :

Aubenas F., 2011, Le Quai de Ouistreham, Points.

Arborio A-M., 2008, Observer le travail. Histoire, ethnographie, approches combinées, La découverte.

Neveu E., 2017, En immersion : Pratiques intensives du terrain en journalisme, littérature et sciences sociales, Presses universitaires de Rennes.

Weber F., Beaud, 2010, Guide de l’enquête de terrain, La découverte.