Julie Moragues

 

 

 

Les Dépanneuses

Issue d’un milieu artistique et présentant un esprit très créatif, c’est aujourd’hui à travers ses recettes que Julie Moragues a décidé d’exprimer son talent. Être entrepreneure était, pour elle, la suite logique de son expérience en tant que vendeuse de cookies faits maison dans le centre-ville de Toulouse. Selon elle, monter sa propre affaire c’est une aventure qui doit se faire en accord avec sa vie personnelle.

Après une licence d’histoire de l’art et plusieurs années dégagées pour s’occuper de ses enfants, elle commence un CAP pâtisserie par réelle passion et se lance dans une aventure de vente de ses cookies. Son triporteur comme seule boutique, elle s’installe sur la place du Capitole de Toulouse pour vendre ses cookies qui vont attirer assez rapidement les clients. Cette organisation lui convenait ; ne vendant que quelques heures par jour, elle avait du temps pour s’occuper de ses enfants. Julie a arpenté la ville sur son triporteur pendant plus de trois ans, c’est pourquoi ouvrir un lieu où elle pourrait vendre ses cookies était une suite évidente pour elle, une évolution professionnelle qui s’imposait. C’est avec Hélène Pichard que ce projet voit le jour. Hélène achetait des cookies à Julie et elles sont très rapidement passées d’une relation cliente-vendeuse à amies dont les compagnons sont également associés. Leur amitié sonne comme une évidence et c’est trois ans après leur rencontre qu’elles vont se mettre à parler d’un projet commun. Julie imaginait l’évolution de son travail en tant que vendeuse de cookies, quand Hélène, serveuse et responsable du bar toulousain l’Episode, voulait ouvrir sa propre affaire, bar ou restaurant. Pour des raisons initialement différentes, le projet s’est imposé comme une évidence pour elles et c’est en octobre 2016 qu’elles ont entamé les démarches pour ouvrir Les Dépanneuses.

 

Triporteur de Julie aux couleurs des Dépanneuses

Crédit photo : Sarah Billat

« On a parlé d’un projet commun et Les Dépanneuses sont arrivées. »

Suite au partage de leurs réflexions et à une rapide étude de ce qui pouvait plaire dans le centre de Toulouse, elles ont eu l’idée d’une petite épicerie de quartier pour dépanner les habitants. Le but était de vendre des produits locaux et de qualité venant de producteurs respectueux de l’environnement. Cet objectif était en accord avec leurs convictions sur les circuits courts mais correspondait également à une volonté de faire « ce qui marche » sur les réseaux sociaux et dans la société (elles proposent par exemple des produits végétariens mais ne le sont pas elles-mêmes). Ainsi que l’a signifié Julie : « On est allé sur Pinterest et on a regardé ce qui marchait ! ». Les deux jeunes femmes se sont alors lancées, avec leur esprit bohème et féminin, dans l’ouverture d’un lieu mêlant épicerie de quartier et petit restaurant servant des buddha bowl suivant la tendance « healthy », avec beaucoup de muesli, graines de courges, avocat, quinoa et évidemment les fameux cookies de Julie.

Buddha bowl

Crédit photo : Les Dépanneuses

Muesli maison

Crédit photo : Sarah Billat

« On a eu une chance de dingue. »

La mise en place du projet a été très rapide, seuls quelques mois ont suffi. Les deux amies ont commencé à en parler en octobre 2016 et elles avaient les clefs du local rue Sainte-Ursule en mars 2017. Tout s’est enchaîné rapidement et sans accrocs. Le local a été trouvé directement, un coup de cœur, c’était le premier visité et celui qu’elles voulaient ! Quant au financement, sur les quatre banques sollicitées, deux ont répondu positivement. Elles n’avaient donc qu’à choisir et passer à l’étape suivante, la recherche de fournisseurs et l’aménagement de l’épicerie. Julie décrit elle-même leur parcours comme très chanceux ; elle était motivée, connaissait le monde de l’entreprenariat et a parfois dû rassurer Hélène qui était moins à l’aise dans ce nouveau mode professionnel. En effet, les avis des clients porteraient cette fois-ci sur ses produits à elles, devenir gérante lui a fait prendre les choses beaucoup plus à cœur. Julie, elle, avait l’habitude de recevoir les avis des clients sur ses cookies lorsqu’elle vendait sur son triporteur. Le fait que leurs compagnons soient eux-mêmes entrepreneurs les a aidées, ils les ont soutenues autant financièrement que dans les démarches administratives, ils leur ont donné des nombreux conseils. Le soutien des entourages de Julie et Hélène s’est notamment vu lorsque les familles et les amis sont venus pour l’ouverture des Dépanneuses, le jeudi de l’Ascension 2017, et ont ovationné l’aboutissement du projet. Cependant, elles prenaient garde à ne pas trop prendre à cœur l’avis de leurs proches car, comme le souligne Hélène, tous avaient un avis à donner et savaient mieux qu’elles comment faire… Il a été très important pour elles de faire la part des choses.

Partie épicerie du local

Crédit photo : Sarah Billat

Cependant, tout n’a pas marché comme Julie et Hélène s’y attendaient. Pensant que ce serait l’épicerie qui marcherait le mieux puisque c’était innovant pour le quartier, elles ont d’abord organisé le local de manière à vendre les produits de producteurs locaux. Au moment de l’ouverture, il y avait donc moins de tables autour desquelles prendre une boisson chaude ou un repas et plus d’espace dédié à l’exposition des produits en vente. Malgré tout, au bout de deux mois, les deux femmes se sont rendu compte qu’il fallait réduire l’activité épicerie au profit du restaurant : en effet, faute de ventes elles perdaient des produits qu’elles devaient jeter. Elles le faisaient avec beaucoup de regret car elles avaient du mal avec le fait de gaspiller autant de nourriture, faisant elles-mêmes très attention à ne pas le faire dans leurs vies personnelles. En parallèle, leurs produits de restauration et de confiserie étaient de plus en plus demandés, il fallait augmenter la place pour les tables. Elles ont donc tout naturellement orienté leur entreprise vers la restauration et l’activité de salon de thé décontracté, en diminuant l’espace dédié à l’épicerie et en augmentant progressivement le nombre de tables. Aujourd’hui, la restauration et le salon de thé représentent 90 % de l’activité des Dépanneuses. Pour Julie, les affaires se portent bien. Elle souhaite davantage mettre en avant l’activité principale pour terminer la transition d’épicerie à petite restauration, ce qui fera que l’affaire tournera mieux. Pour les deux jeunes femmes, cette entreprise est leur bébé et elles en ont sont très fières.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

#AmitiéSolide

« On se complète bien. Hélène est plus carrée, moi je suis l’artiste ! »

Un duo qui fait la pair : Julie à gauche, Hélène à droite

Crédit photo : Sarah Billat

Brune de 36 ans au caractère franc, ouverte et enjouée, Julie est l’artiste et la pâtissière du duo. Ayant déjà eu une expérience d’entreprenariat, elle s’est lancée sans doute dans cette aventure qui représentait une évolution de carrière et de vie. Maman de deux enfants, il était important pour elle de continuer de concilier vie professionnelle et vie personnelle et le fait d’être deux est un vrai plus pour y arriver. Les horaires sont plus arrangeants à deux et les semaines où elle s’occupe de ses enfants, Julie a la possibilité de partir à 16h pour aller les chercher. L’organisation est plus facile dans les deux sens. Le fouet pâtissier tatoué sur son avant-bras rappelle la grande place de la pâtisserie et de la création dans sa vie. Ses cookies l’ont suivie dans ce projet, elle les vend toujours et ils sont un produit phare des Dépanneuses. C’est dans cette activité qu’elle s’épanouit. Chaque matin, elle prépare les cookies de la journée avec engouement après avoir fait les courses au marché. Elle préfère être à la cuisine pour la préparation des cookies et des plats (buddha bowl, tartines, muesli…) qu’au service. Bien qu’elle soit très à l’aise avec les clients, qu’elle accueille toujours avec le sourire et connaît par leurs prénoms et goûts pour les habitués, elle laisse volontiers la main pour le service à Hélène et Delphine, la serveuse présente depuis deux mois à 20h par semaine. En cela, les deux gérantes sont extrêmement complémentaires.

Hélène a un très bon contact avec les clients, à leur écoute, très ouverte et habituée au service. Bien qu’ayant le projet d’ouvrir un restaurant avant ses 30 ans, cette dernière qui a justement 30 ans aujourd’hui a eu plus de mal à appréhender sereinement la réalité du projet. Ses parents sont fonctionnaires, pour eux, voir leur fille se lancer dans un projet de création d’entreprise était source d’inquiétudes. De plus, Hélène avait toujours été salariée, contrairement à Julie, devenir gérante de sa propre affaire représentait un saut important. S’associer avec Julie l’a aidée à réaliser son projet. Se lancer à deux leur a permis de se conforter sur le fait que ça allait marcher.

Bien qu’étant de caractère différent, les deux amies se ressemblent, jeunes, ouvertes, franches, tatouées, souriantes, elles se complètent parfaitement et leur amitié n’est que renforcée par ce projet.

« On a une clientèle de nanas qui font attention à ce qu’elles mangent. »

L’activité initiale de Julie a permis d’attirer les premiers clients. Les habitués du triporteur voulant continuer à manger ses cookies l’ont suivie, ont amené leurs amis et le bouche à oreille s’est mis en place. C’est principalement cette communication qui fait la publicité de l’entreprise. Julie et Hélène connaissent des commerçants du quartier, elles habitent là et y travaillaient. Ces derniers viennent découvrir, repartent convaincus, reviennent et conseillent à leurs clients d’aller chez Les Dépanneuses. La clientèle est alors principalement constituée des commerçants et des salariés du quartier et surtout des jeunes femmes âgées de 20 à 40 ans faisant attention à leur ligne, à leur alimentation. Elles viennent pour profiter de cet endroit unique à Toulouse par ses produits végétariens et pour profiter d’un bon moment « entre copines » dans un lieu cocooning, végétal, très féminin avec ses petites tables de jardin, ses coins intimes, ses fleurs, son papier peint végétal, ses fauteuils avec des coussins aux coloris pastel.

Un coin cocooning et végétal

Crédit photo : Sarah Billat

Les fleurs de chez la fleuriste partenaire

Crédit photo : Sarah Billat

#Healthy

L’esprit cocooning est largement revendiqué par les fondatrices car cela correspond à leurs personnalités et leur vision du lieu. La clientèle féminine était recherchée et attendue par les fondatrices par les produits à visée healthy, très « instagramables », et par la proximité immédiate avec une salle de sport uniquement féminine (la proximité avec d’autres salles de sport est un atout non négligeable de l’emplacement). C’est pour cette raison que la portée santé, hygiène de vie a été une motivation personnelle ; Julie et Hélène ont eu la volonté de suivre l’évolution du quartier et des mentalités.

« On n’a pas une ambition démesurée. »

Hélène et Julie sont très satisfaites de l’état actuel de leur entreprise après à peine un an de fonctionnement ; elle marche bien, Les Dépanneuses ont acquis une clientèle régulière. Néanmoins, les deux gérantes ne se dégagent toujours pas de salaire puisque cela fait tout juste un an qu’elles se sont installées. Les clients sont satisfaits et elles ont le temps pour leur vie personnelle tout en ayant une journée bien remplie par leur travail au restaurant. Elles collaborent actuellement avec Alice, une fleuriste, qui décore leur local avec des petits bouquets en déco-vente et font des soirées atelier floral. Cet esprit de partenariat leur tient à cœur et elles aimeraient aller plus loin avec Alice mais également avec d’autres commerçants toulousains afin de les promouvoir. La collaboration avec d’autres personnes fait partie du projet d’évolution des Dépanneuses.

L’activité leur convient cependant comme elle est à l’état actuel et si Hélène envisage l’ouverture d’un nouveau restaurant, Julie se contenterait d’une activité un peu plus importante dans le local actuel.

Au final, Julie est une entrepreneure créative, dans la vision de l’entreprise mais aussi dans son mode de vie, et la complicité avec sa co-fondatrice est un point fort pour elle et son projet. La création des Dépanneuses a été une évolution logique de son parcours professionnel.

 

Tartines healthy

Crédit photo : Les Dépanneuses

Carte de visite de l’entreprise

Crédit photo : Les Dépanneuses

La motivation : l’essentiel pour devenir entrepreneur

Si Julie devait donner des conseils aux personnes souhaitant devenir entrepreneurs, en s’appuyant sur son expérience, elle leur dirait : « Il faut être bien armé, ne pas se laisser démonter par les avis de tout le monde et être sûr de son projet ». Hélène partage cet avis : « Accroche tes baskets ».

« Ça fait du bien d’être à deux. »

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